Du lycée au supérieur : de moins en moins d’enfants d’ouvriers, de plus en plus d’enfants de cadres

Publié le 11 septembre 2026

En France, quasiment tous les élèves vont jusqu’en troisième. Tous les milieux sociaux sont donc représentés à la fin du collège comme dans l’ensemble de la population. La sélection se fait par la suite. Du collège à la fin des études supérieures, la part des enfants de cadres supérieur augmente et celle des ouvriers s’amenuise.

La démocratisation du collège s’est faite dans les années 1970 et 1980. Au collège, enfants de cadres et d’ouvriers représentent une part équivalente de l’ensemble des élèves (environ 23 %), selon le ministère de l’Éducation nationale (donnée 2025-2026). Au niveau du lycée, ce n’est déjà plus le cas. Les enfants d’ouvriers sont surreprésentés dans les filières professionnelles et techniques. En seconde générale et technologique, on ne compte plus que 17,4 % d’enfants d’ouvriers, contre 32,1 % d’enfants de cadres supérieurs. À l’opposé, en CAP, les enfants de cadres (4,1 %) sont six fois moins nombreux que les enfants d’ouvriers (30,1 %). Par contre, en première et en terminale générales, on compte plus de deux fois plus d’enfants de cadres (38,2 %) que d’ouvriers (14,3 %).

La baisse de la part d’enfants d’ouvriers se poursuit dans l’enseignement supérieur. Des 23 % présents au collège, il n’en reste que 9 % à l’université, 6 % en master et dans les classes préparatoires aux grandes écoles et 2 % au sein des écoles normales supérieures (dites « Normale sup’ », parmi les plus sélectives). La part des enfants de cadres augmente en revanche : ils forment 37,4 % des étudiants à l’université, 53,7 % en classes préparatoires et 65,2 % dans les écoles normales supérieures. Tout aussi nombreux que les enfants de cadres au collège, les enfants d’ouvriers sont trente fois moins représentés au sein de l’élite scolaire française.

Les filières de promotion sociale existent toujours en France. En BTS par exemple, les enfants d’ouvriers sont presque aussi bien représentés (21,2 %) qu’au collège, alors que leurs parents sont bien moins nombreux à être allés jusqu’à ce niveau. Sans service public d’éducation, les écarts auraient une tout autre ampleur. En revanche, comme le montrent ces données, notre système est loin de faire ce qu’il devrait,  pour assurer l’égalité des chances scolaires. Essentiellement parce que la compétition y est très rude, tendue, que l’école française laisse peu de place à l’expérience et aux pédagogies différenciées. Elle cherche à sélectionner quelques bons élèves plutôt que d’éviter d’en perdre un grand nombre en route.

Mots-clefs : , ,

Le commentaires sont fermés.


ADES  - Le Rouge et le Vert
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.